L’oxygène alimente la performance (chapitre 1)

“You have to breathe, or you’ll die. And your brain will figure out a way to breathe under just about any possible circumstance.”

Pat Davidson

La respiration est une composante absolument vitale de qui vous êtes en tant qu’être humain, du tout premier au tout dernier moment de votre vie.

Le rôle principal de la respiration est d’amener de l’oxygène dans le corps. L’oxygène est l’ingrédient qui alimente une grande partie de votre existence, vous permettant de participer à ce jeu fou que nous appelons la vie. La capacité maximale du corps à utiliser l’oxygène s’appelle la VO2max.

Mais vous n’utilisez pas toujours l’oxygène de la même manière.

Lorsque vous êtes allongé au lit, vous en avez moins besoin. Votre respiration est lente, superficielle et détendue. Vous pouvez apparemment survivre avec une quantité d’oxygène très réduite.

Lorsque les choses deviennent vraiment difficiles, il n’y a pas assez d’air autour de cette planète que vous puissiez respirer. Peu importe la cadence et la profondeur de chaque respiration, c’est comme si il y avait une dette d’oxygène que vous ne pouvez pas rembourser assez rapidement.

Cela devient évident surtout lorsque vous arrêtez votre effort; vos muscles respiratoires continuent de travailler pendant un certain temps pour rembourser cette «dette d’oxygène» que vous venez de créer. Ce n’est que lorsque la dette est entièrement remboursée que les muscles de respiration commencent à se calmer et reviennent progressivement vers leur rythme de travail au repos.

Meme respiration

Si vous courez 200 mètres à un rythme soutenu, vous respirez fort.

Si vous faites 5 back squats à 85% de votre 1RM (rep max), vous respirez fort.

Si vous effectuez un tenu de gymnastique prolongé, vous respirez fort.

Il n’y a pas de production d’énergie anaérobie. Il n’y a pas d’entraînement anaérobie.

Si vous sprintez pendant 5 secondes à 100% d’effort, vous respirez profondément.

Il n’y a pas de zone anaérobie-alactique de «3 à 15 secondes». En réalité, vos muscles utilisent l’oxygène dès l’instant où vous commencez à bouger.

Malgré ce que les manuels vous ont appris, il s’avère que TOUS les efforts, intenses ou pas, sont de nature aérobie.

Si vous prenez une minute pour y penser, vos expériences personnelles confirmeront cette affirmation.

Nous avons maintenant également accès à des technologies (NIRS) qui peut nous dire comment nos niveaux d’oxygène dans le muscle se comportent en temps réel.

Les data issues de la technologie NIRS qui montrent la saturation d’oxygène dans le muscle (SmO2) répondre instantanément à un effort intense.
Image Credit: Evan Peikon

Ces données révélatrices, ainsi que nos expériences quotidiennes, pointent toutes vers une chose: nous devons aller au-delà de l’ancien modèle des filières énergétiques qui est encore utilisé aujourd’hui.

La performance et l’oxygène sont intimement liés et nous ne pouvons pas aller de l’avant sans accepter ce fait, même si dans ce processus, nous finissons par devoir rejeter certaines croyances que nous avons longtemps tenues pour vraies.

Le but de ce blog est d’entamer une conversation. C’est une tentative pour trouver un meilleur modèle, un modèle qui peut se rapprocher un peu plus de la réalité.

Pour ce faire, je devrai démêler ce concept et expliquer pourquoi l’oxygène joue ce rôle central dans la performance, autant pour des athlètes professionnels que pour des sportifs amateurs.

Dans ce premier chapitre, nous observerons le tracé que l’oxygène emprunte à l’intérieur du corps tout en conservant une approche assez général. Nous nous concentrerons sur les différents systèmes impliqués afin d’établir un cadre pour les chapitres suivants.

Une fois cette hypothèse de base définie, nous rentrerons plus en détail dans chaque système. Nous verrons comment ces systèmes peuvent limiter nos performances et ce que nous pouvons faire pour les entrainer de manière spécifique.

L’oxygène alimente la performance

Tant pour la survie que pour la performance, nous inspirons pour capter l’oxygène qui est contenu dans l’aire environnant. L’oxygène est une molécule fondamentale pour notre organisme et nous ne pouvons pas nous en passer.

Lorsque l’air entre dans les poumons, l’oxygène est extrait et diffusé dans le sang. C’est à ce moment que l’oxygène se lie à l’hémoglobine qui a pour role de transporter l’oxygène des poumons vers les nombreux tissus et organes du corps.

Pour circuler dans le corps, le sang oxygéné a besoin d’une pompe. Il a besoin de quelque chose qui va le pousser et qui crée un flux. Tel est le rôle du cœur.

Le cœur est la pompe qui pousse le sang oxygéné à travers les artères, vers les organes et les muscles.

Lorsque le sang oxygéné arrive dans les capillaires d’un muscle, il se détache de l’hémoglobine et pénètre dans les mitochondries pour alimenter et aider les différents processus énergétiques qui se déroulent à l’intérieur de la cellule.

L’oxygène est le carburant que notre corps utilise pour créer du mouvement et générer la performance.

Une fois que l’oxygène a été utilisé pour alimenter le mouvement, ses sous-produits doivent être extraits de la cellule / du muscle. Cela se fait une fois de plus avec l’hémoglobine qui capture le dioxyde de carbone (CO2) du muscle et le transportera jusque dans les poumons où il pourra être expiré et relâché dans l’atmosphère.

Ce cycle est automatiquement régulé par notre cerveau et se répète plus de 20 000 fois par jour.

Pour résumer:

Notre système respiratoire est la passerelle entre nos environnements internes et externes.

Le système cardiovasculaire, mené par le cœur, livre les matières premières et aide à l’élimination des déchets.

Les muscles sont les utilisateurs finaux – ils consomment ce dont ils ont besoin et rejettent ce qu’ils ne peuvent plus utiliser.

Si vous vous souvenez encore de vos cours d’anatomie au lycée, rien de tout cela ne devrait être nouveau pour vous.

C’est bien – cela signifie que nous avons un terrain d’entente pour commencer à travailler.

Dans le chapitre suivant, nous verrons ce qui se passe lorsque ces systèmes sont poussés à leurs limites dans un cadre de performance. Nous observerons que différents athlètes ont des systèmes de limitation différents et que chaque limitation nécessite une approche d’entraînement et de programmation différente pour être efficace.

Restez branchés…

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